Réinventée en boutique-hôtel cinq étoiles et désormais membre des très convoités Relais & Châteaux, elle appartient à cette catégorie de lieux que l’on découvre avec curiosité… et que l’on quitte avec le désir d’y revenir.
Née à la fin du XIXe siècle sur les vestiges d’anciennes fortifications, cette demeure aristocratique fut pensée comme un manifeste de réussite. Une villa de grand bourgeois, fastueuse sans ostentation, où l’on recevait autant pour impressionner que pour célébrer l’art de vivre. Le temps, pourtant, avait fini par l’engloutir dans un long sommeil. Jusqu’à ce qu’une restauration d’envergure, menée avec une minutie presque muséale, lui redonne aujourd’hui son éclat originel. Et quel éclat !
Le dialogue subtil entre patrimoine et modernité
Derrière le portail, le passé dialogue avec une modernité parfaitement maîtrisée. Les anciens rails qui traversent encore discrètement la cour rappellent les excentricités du premier propriétaire, passionné de locomotives privées. Les anciennes écuries se sont muées en pavillon contemporain aux lignes feutrées, abritant chambres élégantes, spa confidentiel et cave creusée dans les casemates. En face, la villa historique déploie ses volumes avec une noblesse tranquille : vitraux restaurés, boiseries patinées, luminaires sculpturaux, escaliers majestueux, papiers peints recréés à l’identique… Rien ici ne relève du simple exercice décoratif. Chaque détail raconte une fidélité exigeante à l’esprit des lieux. Et pourtant, jamais l’ensemble ne se fige dans une nostalgie poussiéreuse.
La Villa Pétrusse réussit ce tour de force rare : préserver l’âme d’une demeure historique tout en lui insufflant une sophistication profondément contemporaine. On ne séjourne pas dans un musée figé, mais dans une maison vibrante, sophistiquée, presque cinématographique.
Deux tables, deux atmosphères
Côté gastronomie, la maison joue une partition particulièrement inspirée. Au Lys, écrin auréolé depuis peu d’une étoile Michelin, le chef luxembourgeois Kim De Dood signe une cuisine d’une grande précision. Passé notamment par Singapour où il décrocha deux étoiles au prestigieux Saint Pierre, il compose aujourd’hui une cuisine élégante, technique et sensible, nourrie de voyages mais parfaitement ancrée dans l’exigence française.
Dans une atmosphère plus solaire, la brasserie Ciel ouvre quant à elle ses larges perspectives sur le parc et déroule une partition bistronomique subtilement cosmopolite, entre terroir luxembourgeois, esprit parisien et clins d’œil asiatiques.
Les noix de Saint-Jacques aux agrumes dégustées lors de notre dîner résumaient parfaitement l’esprit du lieu : fraîcheur éclatante, équilibre subtil, justesse des assaisonnements. Mention spéciale également pour l’intelligente sélection de vins au verre, éclectique et particulièrement raffinée, permettant aussi bien de voyager que de s’offrir un grand classique avec bonheur — comme ce superbe Chasse-Spleen savouré avec un plaisir évident.
Une adresse qui marque les esprits
Plus qu’un simple hôtel de luxe, la Villa Pétrusse incarne une certaine idée du voyage : cultivé, feutré, profondément hédoniste. Un refuge urbain où l’histoire ne sert jamais de décor figé mais devient matière vivante, élégante et désirable.
Une grande dame, incontestablement. Mais surtout, l’une des ouvertures les plus captivantes du Luxembourg contemporain.