Dans ce vaisseau de verre et de bois clair, doté d’une magnifique pergola bioclimatique, la chaleur du feu rencontre celle de l’accueil : lui, chef passionné du Josper , des produits de la mer et des produits locaux ; elle, sourire lumineux et bienveillance à fleur de peau.
Chez Igor, le repas commence toujours dans la bonne humeur et jamais sans un clin d’œil.
Une bulle de Prosecco pour titiller les papilles, un éclat doré dans le verre, et parfois — sacrilège délicieux — un Pastis de chez Bardouin, pour rappeler que la gourmandise ne connaît ni dogme ni frontière. Ici, la convivialité se sert à température ambiante, avec juste ce qu’il faut d’insolence pour faire sourire.
Entre les mains d’Igor, la carte des vins propose une sélection exceptionnelle de vins français et internationaux pour devenir un terrain d’accords.
Outre le Gevrey-Chambertin de Charlopin et le Morgon de Pizay, on trouve de belles signatures comme le Pouilly-Fuissé du Château de Beauregard ou le Chablis de Servin, des blancs de caractère pour les viandes blanches, les poissons grillés ou les pâtes de mer.
Avant d’embraser Herstal, Igor Snyders a fait ses gammes dans de belles maisons. Formé à l’École hôtelière de Spa, il passe entre autres par l’Opéra Royal de Wallonie à Liège, où il apprend la précision et la mise en scène de chaque assiette. Vient ensuite Maison Snyders, sa première adresse personnelle, où il impose son style : une cuisine sincère, lisible et déjà marquée par la flamme.
Aujourd’hui, avec Hexa-Gone, il signe la maturité d’un chef accompli, membre des Mastercooks of Belgium – Young Masters, qui fait briller la gastronomie belge avec passion et simplicité.
Son secret
Le four Josper, ce coffre à braises qui transforme tout en or. Ici, la côte à l’os maturée s’y dore avec majesté, l’onglet Rubia Gallega s’y caresse de feu, et les poissons grillés s’y habillent de fumée noble. Chez Igor, la braise est un instrument, pas un effet de manche : elle souligne, elle caresse, elle raconte.
Et pendant que le chef joue avec les flammes, Manon, son épouse, fait régner une atmosphère de douceur et d’attention. Un sourire, un mot juste, un regard complice : son élégance naturelle transforme chaque repas en moment d’humanité.
Si la viande a ici des accents d’opéra, la mer n’est pas en reste. Les linguines à la bisque de homard, tartare de crevettes rouges d’Argentine avec supplément caviar en suggestion, résument l’esprit de la maison : de la richesse, de la précision, et ce petit supplément d’âme qui fait toute la différence. Le tartare de bœuf au couteau, quant à lui, envoie juste ce qu’il faut d’audace sur fond de pure tradition : texture, parfum et gourmandise à chaque bouchée.
Côté desserts, Igor et Manon renouent avec les grands classiques. La Dame Blanche — glace vanille de Madagascar, chocolat chaud onctueux et chantilly maison — fait l’unanimité.
Et la tartelette sablée aux fruits rouges et mascarpone apporte la touche finale : acidulée, fraîche, légère comme un éclat de rire en terrasse.
Quand la salle s’apaise et que les braises rougissent doucement, vient l’heure du dernier verre : le whisky Iota, fruit du projet Talents of Spirits, né de la rencontre entre Étienne Bouillon (Belgique) et Patrick Van Zuidam (Pays-Bas). Un single malt européen racé, aux notes boisées et florales, parfait pour clore le repas avec élégance.
Le feu dans le verre, la flamme au cœur — tout est dit.
La flamme du bonheur
Chez Igor et Manon Snyders, on ne fait pas que manger : on partage. On rit, on trinque, on se laisse séduire par la chaleur du feu et celle des gens. Une table qui prouve qu’on peut être ambitieux sans prétention, gastronomique sans froideur et profondément humain dans le raffinement. Bref, une maison où le feu sublime les produits et l’amour du métier réchauffe les âmes.